Je fais de la presse poubelle mais je la fais bien
28 avril 2009

Barbra Streisand au secours de Marianne2

Sont fort chez Marianne2. Pour la V2 de leur site, ils ont tourné une « vidéo marrante », parodie de l’interview matinale de Jean-Michel Apathie sur RTL Mais leur avocat leur a «formellement déconseillé de la mettre en ligne » à cause d’un élément du décor, « une grande affiche rouge et blanche logotée  RTL achetée chez l’imprimeur du quartier. »
Leur trouille : être poursuivis pour « concurrence déloyale ». Car le site de RTL est considéré comme concurrent [de Marianne2], et qu’en se livrant à cette innocente parodie, [Marianne2 risquait] de capter quelques rentrées publicitaires, en privant ainsi RTL ».

Leur parade : écrire un papier dénonçant cette autocensure imposée par un détournement inique de la loi sur la propriété intellection. Et détourner à leur tour cet effet Streisand, dont je vous parle tout le temps, (ça confine à l’obsession, me direz-vous).

Bien joué. Rien n’excite plus le public que la censure, ou l’autocensure. L’appétit pour ce qui est caché, volontairement ou non, ne s’est jamais démenti.

Il y avait pourtant plus simple : flouter le logo RTL qui posait problème à l’avocat du site. La rédac y a-t-elle pensé ? Pourquoi  ne l’a-t-elle pas fait. Peut-être parce que de vidéo, il n’y a jamais eu ?



27 avril 2009

Julien Dray Vs Est Républicain, 1 partout

PARIS AFP – Le député socialiste de l’Essonne, Julien Dray, a gagné lundi le procès qu’il avait intenté à L’Est républicain pour atteinte à la vie privée, après la publication par le quotidien en janvier d’un rapport de Tracfin sur son train de vie.

La 17e chambre civile du TGI de Paris a condamné le quotidien régional à payer un euro de dommages et intérêts au socialiste et à publier un communiqué judiciaire faisant état de sa condamnation.

Depuis le 10 décembre, le vice-président du conseil régional d’Ile-de-France est visé par une enquête préliminaire pour abus de confiance [...] Les soupçons portent sur des mouvements de fonds suspects. [...]

Le 14 janvier, L’Est républicain avait publié sur son site internet un article intitulé « Les faramineuses dépenses de Julien Dray » et mis en ligne l’intégralité du rapport Tracfin, dans lequel figuraient des détails personnels de la vie de M. Dray. Le député avait alors assigné le journal pour « atteinte à la vie privée ».

La 17e chambre, présidée par Nicolas Bonnal, a estimé lundi que l’article incriminé répondait à « l’exigence légitime d’information du public ». En revanche, a-t-elle considéré, la mise en ligne du rapport Tracfin « excède très largement ce qu’imposait l’information du public, dès lors qu’elle permettait de reconstituer, sur une période de plus de deux années, les déplacements privés de Julien Dray, en fournissant sur eux de nombreux détails ».

Cette action engagée au civil par Julien Dray se double d’autres procédures au pénal pour diffamation, contre des journaux comme Libération ou Le Monde

L’ex-trotskyste Julien Dray n’a pas aimé qu’on parle de sa carte Centurion, des 313 180,56 euros dépensés en environ deux ans en objets de luxe. 131 000 euros par ci pour des montres, 15 588 euros par là pour des stylos… Julien Dray, c’est un homme timide et pudique, soucieux de ne pas pousser les plus démunis au péché d’envie.

Alors Julien Dray, comme un vulgaire people, s’est servi de l’article 9 du code civil, celui qui régit le droit à la vie privée, pour censurer ces articles qui lui déplaisaient et faire cesser la publication du rapport de Tracfin par le très bien informé Est Républicain. Le tribunal l’a exaucé, foulant aux pieds le droit à l’information : condamné, le quotidien a retiré le papier et le rapport de son site. Ne soyons pas trop tristes, les infos concernant les « faramineuses dépenses de Julien Dray » sont désormais partout sur internet, l’avocat du socialiste n’aurait pas assez d’une vie pour assigner tous les sites les publiant.

Certes, il manque le rapport de Tracfin, retiré du site de l’Est Républicain. Si quelqu’un l’a encore dans ses archives, envoyez-le moi. Mieux, publiez-le sur wikileak.

Mieux, le rapport que Julien Dray a voulu faire interdire est disponible sur wikileak. (Thx Moktarama)





22 avril 2009

Whois

Elle est blonde, on n’a plus d’argent pour augmenter les rédacteurs à cause d’elle et elle est… enceinte.



15 avril 2009

La blague du jour : Acrimed

Ils n’ont pas l’air comme ça, chez Acrimed, mais ils ont un sacré sens de l’humour. Aujourd’hui, ils épinglent la Provence, titre de PQR accusé de « recruter pour Areva ».

Acrimed

Le chapô du papier :

« Areva propose 200 emplois en alternance à des jeunes », titre LaProvence du jeudi 9 avril 2009, avec ce sous-titre : « Environ 1000 étudiants de Bac à Bac + 5 ont rencontré 25 conseillers ». En omettant une partie de l’information, l’article qui suit ressemble à s’y méprendre à un publi-reportage.

C’est dit. Acrimed reproche – à tort ou à raison – à la Provence de faire du publi-reportage. Dans un papier rédigé après une enquête nourrie et approfondie d’un des psychotiques paranoïaques rédacteurs d’Acrimed ? Non, dans un… publi-reportage commandé par Sortir du nucléaire.

Acrimed 2prime



7 avril 2009

Vidéo bus-racaille, le retour de la revanche

Faut-il montrer la vidéo de l’agression d’un jeune homme dans un Noctambus ? LePost, qui l’a retirée pour des questions juridiques (le visage de la victime est reconnaissable), pose la question. Mon nouvel ami Versac aussi. Après avoir douté de l’authenticité du film, il nous a joué la partition de la théorie du complot. Hier, j’expliquais que le buzz autour de la vidéo était récupéré et non initié par l’extrême-droite. Si la vidéo a buzzé, c’est à cause d’un enchaînement de circonstances, relevé ici.

Alors, faut-il empêcher la diffusion de cette vidéo, qui fait la joie de Desouche et consors ? Bien sûr que non. Ce n’est pas parce qu’une info est gênante qu’il faut la cacher au public. Cette vidéo, c’est un témoignage. Une tranche de vie peu plaisante, mais réelle. De l’info brute, comme les blogueurs-journalistes-citoyen l’aiment tant. Pourquoi devrait-on cacher la réalité ? Parce qu’elle peut faire le jeu d’un adversaire politique ? Parce que l’émetteur de l’info n’a pas des intentions qu’on juge pures ? Hmmmm.

Censurer la vidéo est la pire chose à faire, à cause du fameux effet Streisand. Cela ne fera qu’attiser la curiosité et renforcer les «tensions anti-racaille». Le mieux, c’est de la montrer en tentant de l’expliquer et de la contextualiser, histoire de désamorcer toute réaction malsaine.

Ensuite condamner une info car elle est propagée par l’extrême-droite, comme le font certains, Versac en tête, est une belle connerie. Certes, tous les pro de la socio et de la comm vous diront que dans un message, l’émetteur est aussi important que le contenu. Le seul souci, c’est que dans notre beau pays, dès que l’émetteur a un lien, de près ou de loin avec la droite dure, on condamne le message avant même de le lire. C’est ainsi que pendant des années, Mitterrand a réussi à neutraliser des tas d’infos gênante à son endroit en les faisant paraître dans Minute…

(J’aurais bien mis un lien vers la vidéo, mais dans la mesure où le visage de la victime n’est pas flouté…)



7 avril 2009

Vidéo Bus-Racailles, Versac voit le mal partout

En voulant dénoncer un fake, Versac nous a fait un bon gros fail. Découvrant une vidéo montrant un type se faire agresser en décembre dans un Noctambus, le blogueur a flairé la manipulation d’extrême-droite : ce serait un vieux fake destiné à foutre la merde (un « buzz visant à exacerber les tensions anti-racailles », comme il dit). Après avoir passé la journée à crier au loup sur twitter, le voilà qui commet, ce soir, un post à haute portée sociologique.

Des arguments plaident pour le faux, mais nécessiteraient un travail de journaliste que je ne peux pas faire à cette heure : vérifier l’équipement des bus en vidéosurveillance avec son. La mise en scène et les cadrages sont parfaits : champ, contrechamp, dialogues audibles aux moments-clefs. La narration est très bien réalisée, également : calme du démarrage, identification bien nette du blanc à cheveux blonds, aux marqueurs sociaux (écharpe Burberry’s) identifiés, face aux cailleras également bien représentées (un peu de noir, un peu de rebeu, du bon sweat à capuche). Encore une fois : ces gens existent. L’histoire est juste un peu trop parfaite, le son bon, les numéros sur les caméras trop propres, la pauvre victime sans sang apparent… [...]

Dans un climat social lourd, où une grande partie de la jeunesse développe un discours victimaire, ce genre de matériau, à l’instar de la racaille de Sarkozy il y a quelques années, peut être une petite étincelle qui met le feu aux poudres. J’espère juste que les grosses ficelles qui sont tirées de manière très visibles par des réseaux d’extrême droite ne vont pas réussir à allumer un feu véritable. J’en doute un peu, vus les premiers signes.


Sauf que… Grâce à une enquête menée tambour battant par la fine fleur du twitterfr, on parvient à remonter le buzz. Le premier à avoir twitté la vidéo, c’est Buzzman, qui l’a trouvée sur youtube (elle a été supprimée depuis). Youtube, où elle semble avoir été postée par un type qui l’a dégotée dans un thread de jeuxvideo.com. Le mec qui ouvre le fil de JVC a déniché la vidéo sur Facebook. Avec l’aide d’un efficace twitterer, Loïc, (et en observant l’url de la vidéo dans le thread de jeuxvideo.com), on remonte au posteur originel, un flic du 91, qui l’a balancée sur le réseau social le 17 décembre 2008, soit dix jours après l’enregistrement (daté du 7 décembre).

videoflic2

flic

Tout porte à croire, donc, que la vidéo n’est pas un fake, contraitement à ce qu’affirmait Versac sur twitter aujourd’hui. Tout porte à croire, aussi, que le buzz n’est en rien une manipulation de la vilaine extrême-droite. Qu’elle récupère la vidéo à son profit, c’est évident. Mais qu’elle en soit à l’origine, rien n’est moins sûr, bien au contraire. Nous avons juste assisté à un phénomène tout simple, le bouche à oreille. Personne n’avait fait gaffe à la vidéo quand elle avait été balancée par le posteur initial, qui n’a visiblement que peu d’amis influents sur facebook. Il a suffit qu’un de ses contacts, ou un contact de contact, tombe dessus ce 6 avril et la partage sur jeuxvideo.com pour que le buzz prenne. C’est aussi con que ça.

Edit – des liens :

Le récap du Post

L’interview du flic qui a balancé la vidéo par 20minutes